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 [CNRS Mai 2008] Les Babouins "Papas poules"

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Minh-xuan
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MessageSujet: [CNRS Mai 2008] Les Babouins "Papas poules"   Dim 28 Sep - 18:49

Un article paru en Mai dans le journal du CNRS, enjoy Smile

En restant aux côtés de leurs petits, les pères babouins leur permettraient d'arriver plus vite à la maturité sexuelle. C'est une des étonnantes conclusions d'une étude menée au CNRS sur la paternité chez les primates.

Si seulement 10 % des mammifères mâles prodiguent des soins paternels, les babouins jaunes du Kenya sont de cette catégorie. Et cela confère à leur progéniture des avantages considérables, notamment en termes de reproduction. C’est en tout cas ce qu’affirme Marie Charpentier du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE) 1 de Montpellier dans un article paru dans Pnas de février 2008 2 : « Il semble en effet que l’âge de maturité sexuelle baisse avec l’augmentation du temps de présence du père babouin ».
Pour parvenir à cette conclusion, la chercheuse a analysé plus de trente ans de données collectées par le « Amboseli Baboon Research Project », initié dans les années 1970 par Jeanne et Stuart Altmann, un couple de primatologues. Son principe : une équipe composée d’une dizaine de personnes assure un suivi en continu des populations de babouins du parc naturel d’Amboseli, engendrant ainsi la plus grande base de données génétiques, physiologiques et comportementales sur le babouin. En recoupant toutes ces informations, Marie Charpentier a découvert que plus le père babouin est présent dans le groupe social de son enfant – les mâles ont tendance à passer régulièrement d’un groupe à l’autre –, et plus vite celui-ci atteint la maturité sexuelle. Concrètement, ses organes reproducteurs atteignent plus rapidement leur taille adulte. Un lien de cause à effet que nos scientifiques ont pour le moment seulement constaté sans vraiment pouvoir l’expliquer.
Marie Charpentier et son équipe avancent tout de même une hypothèse. La présence du mâle créerait une sorte d’environnement protégé permettant à son petit de mieux se développer. « Le mâle peut intervenir dans les conflits sociaux où sa progéniture est impliquée », confirme la chercheuse. Ensuite, le père peut également aider sa progéniture lors du « fourragement », la recherche de nourriture. Un point est à nuancer cependant. Si n’importe quel mâle est capable de protéger sa fille des autres femelles, en revanche, il faut qu’il soit de haut rang dans la hiérarchie du groupe pour protéger son fils. Si, en effet, son fils entre en compétition avec un des mâles dominants du groupe, alors le rapport physique devient plus violent et un jeune père n’est plus capable de lutter pour défendre sa progéniture.
Autre hypothèse pour expliquer ce comportement favorisant un développement précoce : si les petits d’un mâle sont matures sexuellement plus tôt, ils se reproduiront plus vite et pourront engendrer plus de descendants, transmettant ainsi davantage leur patrimoine génétique. C’est donc aussi du côté de la compétition nécessitée par la sélection naturelle que les scientifiques cherchent des indices.
Autre question en suspens : comment font les mâles pour reconnaître leur progéniture ? « Nous avons ciblé deux hypothèses mais aucune n’est à ce jour réellement vérifiée, explique la chercheuse. Tout d’abord, le père pourrait reconnaître son enfant lors de sa naissance à son physique, à son odeur ou encore à ses vocalisations. » Seconde hypothèse : le père observerait les accouplements que la femelle aurait eus lors de ses chaleurs et pourrait en déduire s’il a de fortes chances d’être le père ou pas.

Camille Liewig
Notes :

1. Centre CNRS / Universités Montpellier-I, II, III / Ensa Montpellier / Cirad / Éc. pratique des hautes études Paris.
2. Pnas, vol. 105, n° 6, 12 février 2008 pp. 1988-1992.
Contact

Marie Charpentier
Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE), Montpellier
marie.charpentier@cefe.cnrs.fr

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[CNRS Mai 2008] Les Babouins "Papas poules"
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