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 Le Gouet d'italie (arum italicum)

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Alec
Jeune pousse
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Date d'inscription : 12/02/2007

MessageSujet: Le Gouet d'italie (arum italicum)   Mer 30 Mai - 13:40

Parmi les plantes que l’on rencontre dans notre région, certaines sont particulières, originales dans leurs formes. L’Arum italicum fait partie de celles-ci, du fait de son inflorescence peu commune et de ses larges feuilles veinées de blanc. Nous allons tout d’abord vous présenter sa position systématique, puis sa morphologie, son anatomie à partir de coupes de différentes parties de la plante. Ensuite, nous verrons sa physiologie, son écologie, et enfin ses propriétés à travers ses multiples usages.

1. Position systématique :

Règne : Plantae (ce sont les végétaux, les organismes autophototrophes)
Sous règne : Tracheobionta (possèdent des racines)
Division : Magnoliophyta (angiospermes, phanérogames)
Classe : Liliopsida (monocotylédones)
Sous-classe : Arecidae
Ordre : Arales
Famille : Araceae
Genre : Arum
Espèce : italicum

La famille des Araceae (ou Aroidées en français) est composée de plantes dont les fleurs sont en spadice charnu, plus ou moins recouvert par une grande spathe. Leurs fleurs peuvent être jaunâtres, violacées ou rougeâtres. Leurs feuilles sont toutes radicales et engainantes. Cette famille comporte environ 900 espèces répandues sur tous les continents, et se trouvent notamment dans les régions tropicales.

Le genre Arum (ou Gouet en français) comporte les plantes dont la spathe est roulée en cornet ou en tube, et le spadice terminé par une massue épaisse et dressée. Les fleurs mâles sont souvent accompagnées de filaments stériles, et les fleurs femelles sont disposées sur plusieurs rangs autour de l’axe. Les baies sont rouges, en épi ovale ou oblong. Ce genre rassemble environ 25 espèces, toutes dans les régions tempérées de l’Ancien Monde.

Le nom scientifique de cette plante est Arum italicum M., elle possède plusieurs noms communs, tels que Gouet d’Italie, Pied-de-veau. Elle a été décrite par Miller.

En France les deux espèces les plus présentes sont Arum maculatum et Arum italicum.

2. Morphologie :

Cette plante est une monocotylédone. Elle est vivace de petite taille, de 20 à 60cm. C’est une monocotylédone. Elle possède un rhizome très court renflé en tubercule. On peut observer 3 générations de rhizome sur la même plante, le rhizome de l’année n, d’où partent les tiges, celui de l’année n-1, qui est accolé au précédent, et celui de l’année n-2, accolé au n-1. Il est rare de trouver plus de trois générations, du fait du dépérissement dans le sol.
Les feuilles se développent dès l'automne. Leur limbe est en forme de fer de lance. Elles sont vertes, glabres et luisantes, avec des veines plus ou moins blanches sur la face dorsale. Les feuilles sont supportées par un long pétiole qui entoure la base de la plante. Le pétiole est deux fois plus long que le limbe.
L'inflorescence est particulière, elle est composée d’une grande bractée lancéolée, appelée spathe, blanchâtre, qui entoure un axe charnu, le spadice. Le spadice est trois fois plus court que la spathe, et possède une massue est jaune pâle. Le fruit est composé de baies rouge vif qui forment une grappe compacte dressée.

3. Anatomie :

A. Le limbe de la feuille


Chez les monocotylédones, les feuilles possèdent des nervures parallèles, mais ce n’est pas le cas de l’Arum italicum. Au niveau du limbe, on observe plusieurs faisceaux composés de xylème et de phloème. Le xylème, hétérogène, est dirigé vers la face ventrale. Il est superposé au phloème. L’absence de tissus vasculaires secondaires confirme qu’il s’agit bien d’une monocotylédone.

B. Le pétiole

Le pétiole raccorde le limbe à la tige, il possède un épiderme avec cuticule, un parenchyme avec des anneaux de collenchyme, et des faisceaux cribro-vasculaires disposés en cercle, avec le xylème orienté vers le centre du pétiole.

C. La racine

On observe trois zones, l’assise pilifère (couche de cellules dont certaines possèdent un poil absorbant), l’écorce composée du parenchyme cortical et de l’endoderme qui n’a pas les caractéristiques habituelles des monocotylédones (endoderme en U), et le cylindre central (ou la stèle) avec les tissus conducteurs entourés d’un péricycle.

D. L’inflorescence

Entouré par la spathe, le spadice porte à partir du bas les ovaires, et les étamines entre 2 couronnes de filaments stériles, d’une part les fleurs stériles femelles et d’autre part les fleurs stériles mâles. Le spadice se termine par une massue aussi longue.
Les fleurs n’ont ni calice ni corolle et les fleurs staminées se composent de 1 à 8 étamines sans filet, à anthères distinctes. L’ovaire est toujours libre, le stigmate est en disque. Le fruit, à une ou plusieurs loges, est généralement charnu et ne s’ouvre pas. Il renferme quatre graines à albumen farineux ou charnu dans chacune de ses loges.

4. Physiologie :

L’Arum italicum est une plante qui pousse plutôt dans des lieux ombragés. Toutefois, elle peut se développer au soleil. On observe alors des caractéristiques différentes entre ces deux types de plantes.

A l’ombre, la lumière étant moins intense qu’en plein soleil, elle ne peut pas pénétrer très profondément dans la feuille, c’est pour cela que les plantes d’ombre ont des feuilles plus fines que les plantes de lumière. Mais, en contrepartie, la surface foliaire est plus élevée.

Après avoir extrait les pigments photosynthétiques à partir des feuilles des deux types de plantes, nous avons mesuré les concentrations en chlorophylles a et b et en caroténoïdes. Il y a plus de chlorophylles a, de chlorophylle b et de caroténoïdes dans la plante de lumière que dans la plante d’ombre. Quand il y a beaucoup de lumière, il y a beaucoup de chlorophylle réactive, la chlorophylle triplet. Cette chlorophylle triplet interagit avec l’Oxygène triplet produisant de l’Oxygène singulet. C’est l’Oxygène singulet qui est une molécule très réactive qui provoque des destructions. Ainsi chez les plantes de soleil, beaucoup de caroténoïdes sont nécessaires pour interagir avec cette chlorophylle et avec l’oxygène singulet, pour éviter les destructions.

L’Arum italicum, qu’il soit d’ombre ou de lumière, investit plus dans ses racines que dans ses feuilles et ses tiges. On l’a vu grâce aux mesures de poids frais et de poids sec effectuées sur ces trois parties. Les racines constituent environ 60% du poids sec, et 50% du poids frais.

A l’aide d’une électrode à oxygène dans laquelle on a placé un disque de feuille de chacun des deux types de plante, on a mesuré le flux d’O2 à plusieurs intensités lumineuses. On observe que le flux d’ O2 augmente en fonction de l’intensité lumineuse. L’activité photosynthétique est donc plus importante lorsqu’il y a plus de lumière.

5. Ecologie :

L’Arum italicum est une plante vivace, poussant préférentiellement dans les endroits ombragés ou semi ombragés, plus ou moins humides, dans un sol dont le pH est aux alentours de 7. Les feuilles commencent à se développer en automne puis disparaissent l’été. La floraison a lieu en avril et en mai.
La plante capture les insectes pour assurer la fécondation. Les fleurs femelles sont les premières à être mures, on parle de protogynie, et restent fécondables un certain temps. Le gouet est associé, dans le langage des fleurs, au mot « ardeur », cela serait dû au fait que, lors de la fécondation, le spadice jaunâtre de l'arum acquiert un degré de chaleur très marqué et qui dure plusieurs heures.
Il y a un dégagement de chaleur au niveau de la massue du spadice du fait que l’énergie de combustion due à la respiration n’est pas stockée mais éliminée sous forme de chaleur (de 25°C à 40°C). Ce phénomène entraîne la formation de substances à base d'ammoniaque et d'amines, qui dégagent une odeur cadavérique attirant les mouches. Elles se posent sur la massue, mais cette dernière est rendue glissante par la sécrétion de gouttelettes huileuses. Les insectes tombent alors au fond de la spathe où les couronnes de poils les retiennent prisonniers. Ceux qui avaient récolté du pollen sur d'autres Arum le déposent sur les stigmates. Pendant la nuit, les fleurs mâles mûrissent à leur tour, les poils qui les surmontent se flétrissent et se dessèchent, libérant les insectes qui, au passage, se chargent de nouveau pollen.
Après la floraison, il y a accumulation de réserves au niveau du rhizome, pour permettre à la plante de repousser l’année suivante.


6. Propriétés :


Les feuilles doivent être cueillies avant la floraison, et les rhizomes récoltés après la floraison et avant que les feuillent repoussent.

A. Toxicité

Cette plante est la première cause d’appel aux Centres Antipoison, car ses baies rouges, très attractives pour les enfants, sont très toxiques. Cette toxicité, contenue dans toute la plante, serait due à une substance chimique proche de la conicine.
Elle contient également des saponines, un hétéroside complexe de la classe des terpènes, qui servent probablement comme substance défensive contre les agressions fongiques, et provoquent également la lyse des globules rouges.

B. Phytothérapie

La racine aurait des vertus expectorantes et purgatives. Elle a été
employée dans les cas d'affections chroniques des voies respiratoires. Par exemple, l'essence de la racine permet de soigner les laryngites.
Les feuilles fraîches et la racine par voie externe seraient détersives, pour nettoyer les plaies infectées. On les employait également en cataplasmes sur les ecchymoses et les contusions, et parfois, contre les douleurs rhumatismales.

C. Cuisine

Le tubercule est toxique à l'état frais, mais est comestible après l’avoir épluché et bouilli en plusieurs eaux. On en aurait tiré une fécule pour faire du pain sous la révolution. Il servait également dans l’alimentation des
porcs.

D. Autres usages

L'arum était considéré comme une plante magique, permettant de chasser les mauvais esprits.
Autrefois, les femmes faisaient préparer de l'eau distillée de racines d'Arum, qui avait pour vertu de les embellir et de faire disparaître les rides du visage.
On utilise la plante dans la décoration pour ses belles feuilles vertes à veines blanches.
Amidonnage des textiles.

Conclusion

L’Arum italicum, que l’on appelle également Gouet d’Italie ou Pied-de-veau, appartient à la famille des Araceae. Il s’agit d’une plante vivace de taille moyenne, de 20 à 60cm, possédant des feuilles plus ou moins veinées de blanc, en forme de fer de lance qui se développent en automne. Son inflorescence se compose d’une grande spathe blanchâtre entourant un spadice portant les fleurs unisexuées et dont l’extrémité se termine en massue jaunâtre. Cette plante est une monocotylédone, bien qu’elle n’en ait pas toutes les caractéristiques, comme ses feuilles à nervures non parallèles. Sa reproduction est particulière, on peut parler d’entomogamie, un diptère, attiré par l’odeur qu’elle émet, transporte le pollen d’une plante à l’autre, permettant ainsi la fécondation. Le Gouet d’Italie possède de nombreuses propriétés médicinales, culinaires, il a beaucoup été utilisé dans le passé. De nos jours, son usage est plus restreint, elle est essentiellement utilisée dans la décoration.
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